Montreux Jazz Festival 2026

Photos: ©Joseph Carlucci et Raphaël Dufour

Une 60e édition historique pour le Montreux Jazz Festival : record d’affluence et pari moderniste réussi

Le rideau tombe ce samedi 18 juillet sur la 60e édition du Montreux Jazz Festival après seize jours d’une effervescence rare. Naviguant habilement entre la célébration de son prestigieux héritage et une ouverture résolument tournée vers les nouvelles générations, l’événement-phare de la Riviera vaudoise tire un bilan exceptionnel, marqué par un retour triomphal dans ses murs historiques.

Une fréquentation au sommet et des infrastructures validées

Pour son grand retour au Centre de Congrès fraîchement rénové, le festival a passé le test grandeur nature avec les honneurs. Le public a massivement répondu présent : plus de 250 000 festivaliers ont arpenté des quais au parcours repensé et fluidifié.

Côté salles, l’engouement s’est traduit par des chiffres record. Avec un taux de remplissage moyen de 91 % dans les espaces payants, les objectifs de billetterie — pourtant les plus ambitieux de l’histoire du festival dans cette configuration — ont été atteints dès le deuxième week-end. Le Montreux Jazz Lab signe notamment sa meilleure performance historique depuis sa création en 2013, affichant 88 % d’occupation, et ce malgré une conjoncture complexe marquée par l’explosion des cachets artistiques et la concurrence de la Coupe du monde de football.

Entre soirées d’anthologie et transmission générationnelle

L’ouverture restera gravée dans les annales. La popstar britannique RAYE, accompagnée des invités surprises Alicia Keys et Mark Ronson, a inauguré une scène octogonale inédite au centre de l’Auditorium Stravinski, revisitant six décennies de légende (de Nina Simone à Prince).

Cette édition anniversaire a brillé par sa capacité à faire dialoguer les époques :

  • La relève à l’honneur : Des artistes comme Sienna Spiro, Liniker ou Ezra Collective ont électrisé les foules tout en clamant leur attachement à l’histoire du lieu. La nouvelle garde de la pop (Zara Larsson, Conan Gray, Tyla) a quant à elle attiré un public plus jeune et survolté.
  • Les gardiens du temple : Des moments d’intimité pure ont suspendu le temps, portés par les solos de Nick Cave, John Legend ou Lewis Capaldi. En clôture, le festival s’offre des symboles forts : les hommages de Marcus Miller à Miles Davis, la réunion des monstres sacrés Van Morrison et James Taylor, et la distinction honorifique remise à Charles Lloyd, déjà présent lors de la toute première édition en 1967.

Un rayonnement mondial boosté par le numérique

Fidèle à la vision pionnière de son fondateur Claude Nobs, Montreux a massivement exporté ses concerts au-delà de ses frontières géographiques. Pas moins de 51 concerts ont été diffusés en direct et gratuitement, cumulant plus de 9,5 millions de vues sur YouTube et les réseaux sociaux (un score arrêté avant les trois derniers soirs). Les prestations de RAYE, Zara Larsson et Moby se hissent en tête des contenus les plus visionnés, propulsant les paysages de la Riviera — qualifiée d’« Hawaï européen » par Zara Larsson — sur les écrans du monde entier.

Au carrefour de la nostalgie et de l’innovation, cette 60e édition pose des jalons solides pour l’avenir du festival, prouvant que la formule montreusienne n’a rien perdu de sa superbe ni de sa pertinence culturelle.

Le bilan en chiffres

  • Fréquentation : +250 000 festivaliers
  • Taux de remplissage : 91 % (salles payantes)
  • Programmation : Plus de 700 concerts et activités (dont 51 lives streamés)
  • Médias : 550 journalistes et photographes accrédités