Report / 12 septembre 2026
Robbie Williams à la maison à Malley










Le concert de Robbie Williams à la Vaudoise Aréna, c’est comme entrer dans la tête du showman anglais et dans sa maison. À guichets fermés, samedi 12 septembre, le chanteur retrouvait la Suisse romande pour la première fois depuis son passage au Paléo en 2015. Il se définit comme «le narcissique le plus gentil du monde». Et on ne peut pas lui donner tort: samedi 12 septembre, il a parlé de lui, lui et lui, et a demandé s’il nous avait manqué, si ces derniers jours étaient derrière lui, s’il était «ce gros mec de Take That». Ça aurait pu être gênant comme Will Smith au Paléo en 2025 qui essayait de retrouver sa gloire d’antan avec l’approbation du public, mais avec Robbie Fuckin’ Williams, ça passe crème. Parce que son talent pour divertir est toujours là, à 52 ans. Avec surtout une sincérité désarmante. Il donne tout, dans les stades comme dans les «toutes petites arénas», comme samedi. Généreux, drôle et toujours aussi populaire auprès d’un public qui affichait la quarantaine de moyenne d’âge.
Et pourquoi on est entré dans sa maison? Parce que Robbie Williams vit en Suisse – à Gstaad. «Pour le chocolat et l’ordre, pas pour les impôts», assure-t-il avec malice, alors que son épouse est dans la salle. Avec elle, il a eu quatre enfants. Personne n’aurait parié que ce soit avec la même femme, glisse-t-il. Chez nous, c’est aussi là qu’il a écrit «Supreme», en 2000, alors qu’il était à Zermatt. La Suisse, c’est là où sa progéniture grandit, comme on a pu le voir sur les écrans derrière lui. «Switzerland!!!» a hurlé maintes fois Robbie Williams.
Le show, et l’émotion
Il s’est passé quelque chose de spécial, samedi. Les spectateurs ont vu quelqu’un qui voulait absolument revenir à l’avant-scène après des années de drogue, à force de travail, travail et travail. Avec six danseuses, deux choristes, trois cuivres et six musiciens, Robbie Williams, à la voix étonnamment intacte, a emballé la salle sur «Let me entertain you», «Rock DJ» ou «Come Undone». Certes, les chansons «Love My Life» et «Pretty Face» paraissaient bien naïves par rapport à son répertoire des années 90 et 2000. Et le medley comprenant «I love Rock’N’Roll» ou «YMCA» aurait pu être évité. Mais cette reprise de «My Way» en hommage à son père qui a la maladie de Parkinson nous a bouleversé. Et ce final sur «Angels», avec le public reprenant en choeur les paroles, nous a donné les frissons. Robbie, la Suisse t’a reconnu samedi avec la pudeur qui lui est propre. Et toi, tu la lui as rendue avec ton humour anglais et ton talent de showman.
Texte: Laurent Fluckiger / Photos: Joseph Carlucci