Report / 23 juin 2026
Summerside 2026 : Terminus, Tout le Monde Descend !
Grenchen, son aérodrome, ses montres, et désormais son fantôme rock’n’roll. Du 25 au 27 juin 2026, la petite bourgade suisse accueillait le Summerside Festival pour l’ultime fois. Trop gros pour son propre bien, étouffé par son propre succès, le festival a fait ses valises en cramant ses dernières cartouches de kérosène devant 30 000 enragés. Récit d’un baroud d’honneur en surchauffe.
Jeudi 25 Juin : La Messe des Anciens
Le coup d’envoi est donné sous une chaleur de plomb. Ce sont les vétérans qui tirent les premiers. P.O.D. réveille les instincts nu-metal du début des années 2000 avec une efficacité presque insolente. Dans la foulée, Skindred transforme le pit en essoreuse géante grâce à leur « ragga-metal » incandescent.
La nuit tombe, laissant place à la royauté heavy. Doro Pesch, éternelle reine de cuir, prouve que la voix ne prend pas une ride lorsque la passion est intacte. Mais le grand frisson vient des citrouilles allemandes de Helloween. Leurs envolées power metal ont fait vibrer le Jura comme aux plus belles heures des eighties. Nostalgique ? Assurément. Jouissif ? Totalement.
Vendredi 26 Juin : L’Invasion Punk et les Armures
Le deuxième jour s’ouvre sur une tonalité plus folk et théâtrale avec les italiens de Wind Rose, qui réussissent l’exploit de faire chanter du « metal de nain » à une foule assoiffée.
Le plat de résistance est canadien, teigneux et n’a pas le temps de rigoler : Billy Talent. Ben Kowalewicz et sa bande ont balancé leurs hymnes punk-rock avec la précision d’un horloger local. Pas de chichis, de la sueur, des riffs acérés et des refrains hurlés en chœur. Le sommet brut du week-end.
Samedi 27 Juin : Rave Party pour Métalleux
Pour la der des ders à Grenchen, le Summerside a choisi de tout faire sauter. Après le retour nostalgique et groovy des quadras de H-Blockx et la baffe post-grunge de Drowning Pool, le terrain s’est transformé en gigantesque dancefloor fluo.
Electric Callboy a plié le game. Les rois de l’electronicore allemand ont débarqué avec leurs perruques, leurs breakdowns massifs et leurs beats techno à réveiller les morts. C’est absurde, c’est outrancier, mais en live, c’est une machine de guerre imparable. Grenchen s’est éteint là-dessus : un joyeux chaos électro-metal.
L’Épitaphe : Victime de sa démesure, le Summerside quitte son nid d’origine. Les organisateurs promettent un nouveau spot pour 2027. Où que ce soit, on espère qu’ils garderont la même bière fraîche et la même électricité. Adieu Grenchen, et merci pour le vacarme.
Photos: ©Joseph Carlucci / Texte: Raphaël Dufour

































































