Report / 26 août 2026
Wolfmother et Hey Satan célèbrent la puissance du rock seventies aux Docks de Lausanne










Avec les Lausannois de Hey Satan en première partie, Wolfmother a offert mercredi soir aux Docks une célébration généreuse et survoltée du hard rock. Une soirée faite de riffs massifs, de sueur et d’un irrésistible parfum des années 1970.
Il aura suffi de quelques accords pour faire monter la température. Mercredi 26 août, Les Docks de Lausanne ont remonté le temps, direction l’âge d’or du rock psychédélique et du hard rock. À l’affiche, deux trios animés par la même passion du riff : les régionaux de Hey Satan, chargés d’ouvrir les hostilités, puis les Australiens de Wolfmother, venus célébrer vingt ans d’un rock aussi vintage dans ses racines que furieusement vivant sur scène.
Hey Satan, le rock lausannois sans détour
À 20 h 30, Hey Satan entre en scène avec une mission parfaitement claire : réveiller la salle. Mission accomplie. Le trio lausannois ne perd pas de temps et installe immédiatement son univers, à la croisée du stoner, du punk hardcore et du rock des seventies.
François au chant et à la guitare, Frank à la batterie et Ian à la basse construisent un véritable mur sonore. Les riffs sont lourds, la rythmique compacte et l’interprétation sans artifices. On pense par instants à Kyuss, aux Stooges ou à Black Sabbath, sans que le groupe ne se contente de reproduire les recettes de ses influences.
La formation locale livre une prestation directe, nerveuse et parfaitement adaptée à la soirée. Plus qu’une simple mise en bouche, Hey Satan rappelle que la scène rock lausannoise possède encore des groupes capables de rivaliser en intensité avec les formations internationales. Une entrée en matière solide qui prépare idéalement le terrain pour la suite.
Wolfmother, vingt ans et toujours la même fureur
Dès les premières minutes, aucun doute : Wolfmother n’est pas venu à Lausanne pour jouer la carte de la nostalgie tranquille.
Le trio australien déploie ce son immédiatement reconnaissable, quelque part entre Led Zeppelin, Black Sabbath et Deep Purple. Une musique nourrie par les années 1970, mais interprétée avec suffisamment de fougue pour éviter l’exercice de style poussiéreux.
Au centre de cette tempête, Andrew Stockdale reste le maître de cérémonie. Sa voix haut perchée traverse le mix tandis que ses riffs, parfois lourds, parfois plus psychédéliques, entraînent Les Docks dans un voyage sonore sans temps mort. L’homme parle peu, préférant laisser sa guitare s’exprimer. Chaque morceau devient alors l’occasion d’allonger un passage instrumental, de faire monter la tension ou de provoquer une nouvelle secousse dans le public.
Le concert s’appuie largement sur le premier album de Wolfmother, sorti il y a vingt ans et devenu depuis une référence du renouveau hard rock des années 2000. Des titres comme Dimension, White Unicorn, Woman, Apple Tree, Mind’s Eye ou Colossal conservent toute leur efficacité. Leur force tient à une formule d’une simplicité redoutable : des refrains immédiats, des ruptures psychédéliques et, surtout, des riffs capables de remplir chaque recoin de la salle.
Lorsque résonnent les morceaux les plus attendus, la communion est totale. Woman déclenche une nouvelle poussée d’énergie, tandis que l’inévitable Joker and the Thief transforme Les Docks en gigantesque caisse de résonance. Le public saute, chante et lève les poings, emporté par ce riff devenu l’un des plus reconnaissables du rock contemporain.
Un rock sans révolution, mais terriblement efficace
Wolfmother ne cherche pas à réinventer le genre. Le groupe assume pleinement ses influences, son amour des amplificateurs poussés à plein régime et cette imagerie venue d’une époque où le rock se voulait excessif, libre et spectaculaire. Mais sur scène, cette fidélité aux fondamentaux devient une force.
Le son est massif, l’exécution précise et l’énergie ne faiblit pratiquement jamais. Malgré deux décennies de carrière, Andrew Stockdale joue toujours comme s’il devait convaincre la salle entière à chaque riff. Et c’est probablement là que réside la réussite de Wolfmother : faire revivre l’esprit des seventies sans donner l’impression de visiter un musée.
Après une ouverture musclée de Hey Satan et un concert de Wolfmother mené pied au plancher, Les Docks ont terminé la soirée les oreilles bourdonnantes et le sourire aux lèvres. Une démonstration simple mais éclatante : tant qu’il restera une guitare saturée, une batterie déchaînée et un public prêt à se laisser emporter, le rock aura encore de très beaux jours devant lui.